Van Gogh… Millet … et les autres

Posté par ENO filles le 27 novembre 2008

Art et Création ? 

« L’art est le plus beau des mensonges »
[Claude Debussy]

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Surprenant? Non. 

La création s’appuie toujours sur la mémoire et l’interprétation personnelle de ce que l’on sait.

Ceci n’est pas un plagiat mais un exercice que nous pratiquons tous, chacun à son niveau.

S’approprier l’oeuvre d’un autre, la faire évoluer et en faire sa propre création.

 Rien n’est jamais créé à partir de rien. Dans l’Art en général cela est sans cesse prouvé. Esope et La Fontaine, Grimm et Perrault. C’est la manière de faire perdurer les belles choses et de l’adapter à son émotion et à son temps. Et on peut en trouver partout. La plus simple c’est la citation et la fausse citation (j’en connais un bout)

Tout texte est un métatexte.

 Pascal écrivait « Chaque fois qu’un auteur dit « mon livre » il ferait mieux de dire « notre livre » car il y a mis beaucoup moins de lui-même que des autres. 

Cette leçon de modestie porte aujourd’hui un nom: l’intertextualité.

Autrement dit, aucun texte, aucune oeuvre (l’autre langue d’écriture de l’homme) n’est le fruit d’une génération spontanée.

Tous sont des fils (ou des filles) de textes-parents dont ils portent la trace. A condition que l’on veuille bien y prêter attention.

C’est ce qui constitue une partie de l’analyse littéraire ou artistique.

Certains auteurs en usent avec délectation dont l’Argentin Jorge Luis Borges (http://www.evene.fr/celebre/biographie/jorge-luis-borges-1576.php).

Son récit type: c’est l’histoire d’un homme qui découvre un texte qui fait allusion à un texte antérieur, lui même recopié d’un manuscrit plus ancien en partie déchiré et recomplété par un scribe, qui lui-même s’était inspiré d’un autre texte oublié, qui à son tour n’était autre qu’une version abrégée du même texte, qui retrouvé au XVIIIe siècle dans une bibliothèque privée, avait fini par échouer dans les archives d’un institut qui, après avoir fermé ses portes, etc…ainsi de suite, à l’infini.

Tout texte est ainsi un métatexte: un texte construit sur un ou plusieurs autres textes  Et l’Art n’y échappe pas.

Et si je ne mets pas souvent mes textes entre guillemets c’est pour avoir suivi le conseil d’Anatole France:  » Quand une chose a été dite, et bien dite, n’ayez aucun scrupule, prenez-la, COPIEZ » repris ensuite par Picasso.

Petite anecdote personnelle:

J’étais en 5e. Jusque là mon père, toujours soucieux du Français et de l’orthographe m’aidait à mettre en forme mes « rédactions ». J’en étais arrivée au point de ne plus pouvoir écrire seule. Et pourtant j’étais une lectrice assidue et passionnée. Mes résultats étaient plutôt peu satisfaisants. Mon professeur me trouvait un style de « gendarme » peu personnel et peu imagé.

Un soir, je lui annonce que je l’attendais pour composer ma rédaction à rendre le lendemain. Aïe! Il comprend alors qu’il ne me rend pas service et décide brutalement de cesser son aide.

Me voila devant ma feuille aussi blanche que moi. Rien ne vient. L’heure avance. Mes parents dorment. Je suis seule devant mon bureau. Il est deux heures du matin. Soudain l’inspiration me vient. Mais pas celle que vous imaginez. Je me souviens d’un livre de la Collection « Rouge et Or » que je garde précieusement dans ma bibliothèque encore aujourd’hui. J’y retrouve la description d’une danseuse en action (c’est le sujet de mon devoir). Trop tard pour le réécrire. Je le copie sans scrupule, à la virgule près.

Le professeur rend le devoir:  » EXCELLENT TRAVAIL, devoir personnel et très intéressant… On voit que vous avez écrit ce texte toute seule cette fois. Note: 18

Depuis ce jour, j’ai retrouvé confiance en moi et j’ai compris que je pouvais écrire moi aussi. J’avais même totalement oublié que ce texte n’était pas de moi. Maintenant je n’ai plus peur d’écrire. Et comme dirait Picasso, mon maître, « je ne cherche pas, je trouve »

ndlr: Cet article m’a été inspiré ce matin par un envoi de Lydia: ce pps tellement évocateur de cette théorie que j’ai toujours enseignée à mes élèves et appliquée moi-même.

Et si vous avez d’autres exemples, merci de me les envoyer.

Une bible: « l’écriture créative » par Louis Timbal-Duclaux aux Editions Retz. Je l’ai utilisée pour moi-même et pour mon fils en 3ème.

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2 Réponses à “Van Gogh… Millet … et les autres”

  1. Germaine dit :

    A propos des textes plus ou moins « inspirés » d’autres ecrits, je préfére la remarque plus poétique de notre prof de français, Madame Bredeau, qui, parlant de l’influence d’auteurs précédents disait qu’un texte c’était comme du miel. On y sentait le parfum des fleurs qui avaient été butinées, romarin, lavande, fleur d’oranger. Simplement j’avais trouvé cette comparaison très juste et très jolie.

  2. Germaine dit :

    Au sujet des tableaux de Van Gogh, j’ai ete carrement souffle de voir a quel point il avait copie. La, ca n’est plus de l’inspiration. C’est franchement une copie « a la maniere de ». Seule la couleur et le coup de pinceau est different.Ce Millet, quel type alors!

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